Somain : 400 emplois menacés à la gare de triage

Jeannine Marquaille, vice-présidente en charge des transports au conseil régional, Jean-Jacques Candelier, député et Jean-Claude Quennesson, maire, sont inquiets.
La direction de la SNCF vient d'annoncer la suppression de l'activité wagon isolé, la spécialité du site de Somain. Il y a six mois, les nouvelles étaient excellentes. Une manifestation est prévue ce samedi.
La gare de Triage de Somain vit actuellement ses heures les plus sombres. Avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. La direction de la SNCF vient d'annoncer l'abandon de l'activité du wagon isolé. Somain, dernière gare de triage de la région, emploie plus de 400 salariés. Ils sont en sursis.
« L'activité ferroviaire est essentielle pour la ville », a martelé Jean-Claude Quenesson, maire communiste lors de la conférence de presse, samedi dernier. Après la fin de l'exploitation minière, la ville avait connu une crise sans précédent. L'histoire semble se répéter avec l'abandon du wagon isolé.
Stopper cette activité, « c'est mettre 1,5 million de camions supplémentaires sur les routes », s'est indigné le maire. Avec des conséquences climatiques désastreuses. Pour l'élu, « le Grenelle de l'environnement est une véritable mascarade ».
La rentabilité passe avant. « Prendre une autoroute engorgée par des camions, ce n'est pas rassurant », a expliqué un salarié de la gare de triage.
Et pourtant, le directeur du Fret Nord, Laurent Verschelde, avait transmis le 10 mars 2009, un courrier plutôt rassurant sur le développement du site : « En tant que plateforme, le site de Somain est appelé à jouer un rôle central... Fret SNCF a réalisé des investissements considérables sur la plateforme de Somain. » « Arrêtons de croire au Père Noël », a indiqué le député, Jean-Jacques Candelier.
« La SNCF coupe la branche qui est déficitaire »
Jeannine Marquaille, vice-présidente en charge des transports à la Région parle « d'un jeu d'illusion. Le wagon isolé est indispensable aux petites et moyennes entreprises. La contrainte, c'est la rentabilité. En plus, les investissements n'ont pas eu lieu. Il y a seulement eu des études pour 175 000 euros. Le reste était gelé. La SNCF coupe la branche qui est déficitaire ».
L'intersyndicale (CGT, CFDT/FGAAC, UNSA, SUD et CFDT) des cheminots a dénoncé « la mise à mort du Fret » qui à Somain comptait plus de 1000 employés, il y a 30 ans. Afin de « faire dérailler ce projet », les élus du Douaisis font bloc, toutes étiquettes politiques confondues. Samedi 26 septembre, une manifestation est prévue devant la gare de triage. Premier étape avant, pourquoi pas, un aller simple à Paris pour montrer leur détermination. « Malgré les luttes, les entreprises ferment », a rappelé Alain Bruneel, conseiller régional. Le triage de Somain echappera-t-il à la règle ?
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