Le karaté dans la peau

Sihem a participé mardi soir à Guesnain à un cours donné par Ayeb Neghliz, membre de l'équipe de France de karaté depuis 8 ans.
A 12 ans, Sihem Hamnache, du MBKC Douaisis, est devenue championne de France
Avec ses petites couettes et son regard pétillant, Sihem Hamnache a tout d'un ange. Pourtant, quand elle enfile son kimono et monte sur le tatami, cette Sinoise de 12 ans se transforme en véritable guerrière. Une mutation qui lui a permis de décrocher le 11 mai dernier à Paris le titre de championne de France de karaté (combat) dans la catégorie pupille moins de 35 kg.
Licenciée au MBKC Douaisis, elle fait la fierté de son entraîneur, Michel Bony. « Sihem a débuté le karaté à l'âge de 7 ans. Au club, on a tout de suite vu qu'elle avait des aptitudes supérieures à la moyenne. » C'est en suivant son frère karatéka aux entraînements qu'elle a attrapé le virus. Sa mère s'en souvient : « Elle était impressionnée par les mouvements de son frère. A la maison, elle n'arrêtait pas d'essayer de les reproduire. Je l'ai donc inscrite au club et depuis, c'est devenu une vraie passion. »
Objectif : intégrer une section sport-études
Sihem ne rate pas un entraînement. Quatre fois par semaine, elle récite ses gammes. « Les entraînements durent 2 h mais souvent, elle reste encore pour le cours suivant si bien que je dois souvent mettre les pédales douces car elle est toujours prête à faire du rab », confie Michel Bony.
Cette volonté de bien faire porte toutefois ses fruits. Deux ans après ses débuts, elle participe à sa première compétition lors du tournoi du Douaisis organisé par son club. Elle monte sur la deuxième marche du podium. Puis elle gravit peu à peu les échelons au niveau régional et se qualifie en 2006 pour le Challenge national, l'équivalent des championnats de France chez les jeunes. Face à une centaine de karatékas de toute la France, Sihem décroche une brillante seconde place. Même chose l'année suivante. Jamais deux sans trois ? Et bien non.
Pour sa 3e participation à ce Challenge national il y a un mois, Sihem a réussi à vaincre le signe indien. Pourtant, la jeune fille a failli tout perdre dès les quarts de finale, face à une Réunionnaise. Elle raconte : « A 20 secondes de la fin du combat, j'étais menée de deux points. Tout le monde pensait que j'allais perdre mais j'ai réussi un Mawachi-Gery, une attaque circulaire de la jambe au niveau de la tête de mon adversaire. Ce mouvement m'a rapporté trois points et m'a permis de gagner. » La demi-finale, face à une Marseillaise, n'a été qu'une formalité : victoire 8-0. Même chose en finale contre une Niçoise (9-1). Sihem devenait championne de France devant 135 autres karatékates.
Et comme elle semble aussi forte sur les tatamis que sur les bancs de l'école, la Sinoise envisage d'intégrer dans les prochaines années une section sport-études pour encore progresser davantage.
Article rédigé par :
Laurent Goudet