Malgré l'offensive judiciaire de l'opposition pour retourner aux urnes, le maire souhaite que la
commune retrouve sa sérénité. Il se concentre sur ses dossiers et sa défense au Conseil d'Etat.
La bataille des tracts se poursuit dans la commune de Pecquencourt. Elu à quelques voix près, en octobre dernier, lors d'une élection municipale partielle, Joël Pierrache a décidé de prendre sa défense en publiant une réponse aux tracts diffusés ces dernières semaines par l'opposition. Après avoir perdu au tribunal administratif, l'ancien maire, Henri Fontaine, a décidé de faire appel au Conseil d'Etat, seul recours possible pour annuler les élections et retourner aux urnes.
Malgré ce contexte judiciaire, Joël Pierrache assure se concentrer sur ses projets municipaux tout en préparant sa défense.
L'Observateur du Douaisis : Depuis votre élection en octobre dernier avez-vous pris vos marques ?
Joël Perriache : On peut dire que oui, les marques sont prises. On s'est mis au travail tout de suite. Aujourd'hui on a bien relancé la machine même si nous avons trouvé des armoires vides et des dossiers vides. Pas grand-chose avait été fait par l'ancienne majorité même si Henri Fontaine, l'ancien maire, a eu ses budgets primitifs 2008 et 2009 votés par le conseil municipal, il pouvait faire des choses. Maintenant la commune doit retrouver son dynamisme.
Les élections municipales se sont déroulées dans un climat difficile, quel souvenir en avez-vous ?
En apparence, la campagne a été calme, elle ne l'était pas à cause de propos véhiculés par certaines personnes. A titre personnel, j'ai été la victime d'attaques très dures. J'ai appris que j'avais une troisième fille, une maison au Kenya. On dit encore maintenant que je vais aller en prison. Ces élections étaient une expérience que je n'oublierai pas.
Qu'avez-vous appris durant ces élections ?
On a appris qu'une élection n'est jamais gagnée d'avance. Qu'il faut être humble et présent. Aujourd'hui les habitants sont contents de retrouver de la serénité et des interlocuteurs qui représentent la commune. Je n'ai jamais voulu riposter.
Pourquoi ce refus de riposter pendant les élections ?
Je ne pratique pas les attaques personnelles, c'est ma ligne de conduite encore aujourd'hui. Quand on est chef de file, on ne doit pas cautionner ces propos.
Vous arrivez à travailler malgré le contexte judiciaire ?
Henri Fontaine a fait appel du vote. Il a donné des arguments, certains ont été retenus. Le tribunal administratif de Lille a enlevé huit voix sur les 17 voix d'avance.
Vous vous attendiez à ce qu'Henri Fontaine aille jusqu'au Conseil d'Etat et décide de porter plainte au pénal ?
Henri Fontaine n'est pas tout seul. On sent qu'il y a des enjeux au-delà de la commune. On voit que des choses bougent à la Communauté de communes du Coeur d'Ostrevent. La majorité actuelle a perdu trois voix. Maintenant je fais confiance à la justice.
Avez-vous l'intention de riposter sur le plan judiciaire ?
Il faut que Pecquencourt retrouve sa tranquillité. Mais on va aller au Conseil d'Etat, nous avons rencontré notre avocat. Notre stratégie est de ne plus répondre. Nous prendrons les décisions qui s'imposent après la décision du Conseil d'Etat. Je suis serein. Il faut avancer car la commune a été paralysée trop longtemps. Les dossiers avancent, les travaux vont commencer.
Vous diriez qu'Henri Fontaine est instrumentalisé par le député Jean-Jacques Candelier ?
Ils travaillent ensemble. Jean-Jacques Candelier s'est impliqué personnellement dans ces élections. De même, les élus de Pecquencourt n'ont pas été reçus lors du premier conseil communautaire de la CCO. On peut donc se poser des questions.
Dans vos prises de position, vous n'avez pas l'impression d'avoir mis de l'huile sur le feu ?
Non, pas du tout. D'ailleurs M. Candelier a été obligé d'annuler les délibérations suite à l'action de la sous-préfecture.
Mais vous êtes en opposition avec le président Jean-Jacques Candelier.
Non, je ne suis pas en opposition avec le président Candelier. Je n'ai aucun compte à régler avec lui. Je vais à Coeur d'Ostrevent pour représenter les intérêts de Pecquencourt.
L'opposition ne veut pas « attendre 2014 »
n Dans un tract diffusé ces dernières semaines, l'opposition souligne les « trop nombreuses irrégularités, notamment dans la réalisation des procurations. » Et de parler de fausses signatures, d'électeurs fictifs et de procurations rédigées par un officier de police judiciaire non habilité à les recevoir.
« Il n'y a pas d'esprit de revanche mais des éléments fondés qui nous obligent en tant qu'honnêtes citoyens à ne pas attendre 2014 » rappelle l'opposition.
A cette procédure s'ajoute la plainte déposée auprès du procureur de la République de Douai pour « faux en écriture, faux et usage de faux et fraude électorale. » « Pecquencourt retrouvera enfin la sérénité, une fois que les manoeuvres avec vos ennemis d'hier, devenus vos amis d'aujourd'hui, se dévoileront. »
Article rédigé par :
Laurent Goudet