Article du 11/03/2010 à 10:03
Assises du Nord : dix ans de réclusion pour la mort de Jérémy Druelle
Jugé aux assises du Nord ce mardi 9 et mercredi 10 mars pour le meurtre de Jérémy Druelle, le principal accusé a été condamné à 10 ans de réclusion pour homicide volontaire. Le deuxième accusé a été condamné à six mois de prison avec sursis. Retour sur les deux jours de procès.

Jérémy Druelle, un jeune papa de 25 ans, a été tué d'une balle dans la tête, dans la nuit du 21 au 22 janvier 2006, dans la cité de la Voyette à Flers-en-Escrebieux.
Le 22 janvier 2006, la police intervient rue Mendès France à Flers-en-Escrebieux, vers 1h15. Un homme est blessé par balle. Ils découvrent Jérémy Druelle, inconscient, gisant au sol face contre terre, la tête ensanglantée. Il décédera dans le véhicule des pompiers. 

Ce soir-là, Jérémy Druelle discute avec un ami, Damien Gabrieli, devant son domicile. Une voiture arrive bruyamment et fait crisser ses pneus. Agacés par le vacarme qui pourrait réveiller le nourrisson, le jeune papa et son ami s'en prennent aux passagers : Marcel Demonchy et Jérémy M. Après une soirée alcoolisée, le ton monte rapidement et une bagarre éclate. 

Le passager du véhicule est frappé par Damien Gabrieli, qui comparait devant la cour d'assises pour violences volontaires en réunion. Jérémy Druelle se serait battu avec Marcel Demonchy, le conducteur. 

Ce dernier regagne ensuite son véhicule et revient avec une arme à feu, un pistolet de petit calibre, pour défendre Jérémy M. Son ami, qui a été roué de coups, en profite pour s'enfuir. Il entend ensuite deux détonations. Jérémy Druelle est touché d'une balle en pleine tête, sur la tempe gauche. Le projectile termine sa course derrière l'oeil droit, provoquant l'hémorragie qui sera fatale au jeune papa. 
« J'ai honte !, lâche calmement Marcel Demonchy derrière la vitre du box, après la lecture de l'ordonnance de mise en accusation. Je regrette cette soirée, ce n'était pas volontaire. Le premier coup de feu, je ne sais pas comment il est parti. » 
L'accusé nie en bloc avoir voulu tuer le jeune papa. Sa thèse : le coup serait parti accidentellement au moment où l'un des deux jeunes lui saute dessus. Un tir involontaire, alors que la sécurité de l'arme n'est pas enlevée. 

Alice Clérot, avocat général, ne cesse de questionner les témoins pour élucider les circonstances exactes du drame. Et comme le parquet, Xavier Denis, conseil de Damien Gabrieli, s'efforce de prouver que la seconde bagarre n'existe pas. Y a-t-il bien eu une deuxième altercation quand Marcel est revenu avec le pistolet ? 

L'enjeu est là. Les conclusions du médecin légiste et les déclarations de l'expert en balistique ébranlent totalement les déclarations de l'accusé.

Mardi 9 et mercredi 10 mars, les jurés de la cour d'assises du Nord, à Douai, ont dû se pencher sur les circonstances exactes de ce drame. Acte volontaire ou tir accidentel ? Les jeunes étaient-ils au sol ou pas ? Le meurtrier présumé, Marcel Demonchy, un Aubygeois âgé désormais de 23 ans, a toujours contesté l'homicide volontaire. Pour un tel crime, la peine encourue est de 30 années de réclusion criminelle alors qu'elle est de 20 ans pour violences ayant entraînées la mort sans intention de la donner. 
Marcel Demonchy a finalement été condamné à 10 ans de prison.

 



Article rédigé par :
Delphine Kwiczor

Actualité Flash info