Procès Cyktor : les aveux troublants de la garde à vue

Le corps de Jean-Luc Cyktor a été découvert le 28 octobre 2006, près de quatre mois après avoir disparu
La défense a pointé du doigt les conditions dans lesquelles les aveux ont été recueillis.
« Jean-Luc est rentré vers 00h30, il m'a réveillé pour une discussion. Il m'a dit, ' si tu ne dégages pas, je le ferais avec les gros moyens. Il était saoul. Je sentais qu'il avait des intentions de meurtre. Je l'ai menacé avec mon pistolet à grenaille pour me défendre. Je pense qu'il voulait vendre le café. J'étais allongé dans le lit et il est revenu dix minutes après avec un rondin de bois. je me suis levé, je lui ai donné un coup de poing. C'était lui ou moi, ça été lui. J'voulais simplement me défendre, pas le tuer. J'ai eu un grand moment de panique quand sa tête a claqué le sol. J'ai mis la main sur le coeur. Il ne battait plus. J'ai transporté le corps avec le diable dans le coffre de la voiture. Je suis parti à Erchin et j'ai mis le corps dans le puisard. »
« Il a fait des aveux à la 15e audition.
Des éléments matériels corroborent-ils ses aveux ? »
Ce sont les déclarations formulées en fin de garde à vue par Gérard Cyktor. Ce dernier indique qu'ils ont été extorqués « sous la pression des gendarmes ». Une version qui colle pour maître Dupond-Moretti. « Il vous a fait des aveux à la 15e audition. Est-ce que des éléments matériels corroborent ses aveux ? » L'examen du coffre de la voiture et du diable qui a servi à transporter le corps ne fait état d'aucune trace ADN. « Elles ne sont corroborées par rien », poursuit le défenseur.
Car, sur la paire de chaussures de l'accusé, les gendarmes ont mis au jour des traces qui pourraient être du sang. Seulement, « le scellé aurait été pollué », annonce la présidente, Sylvie Karras. Donc, il est inexploitable.
« Il nous dit que c'est son frère qui l'a agressé avec un rondin de bois. Lui a donné un coup de poing. Il (Jean-Luc) tombe, heurte le sol et meurt. Ça s'appelle comment, fulmine-t-il devant les jurés. Ce sont des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. » Les faits pourraient être requalifiés.
On ne le saura qu'au dernier jour du procès, prévu, jeudi
25 juin.
Les débats se sont achevés mercredi, en fin d'après-midi. Maître Guy Dragon entamera les hostilités. Puis l'avocat général enchaînera sur ses réquisitions. Enfin, maîtres Dupond-Moretti et son confrère, Guillaume Demarcq, tenteront de semer le doute dans la tête des neuf jurés. Acquittement ou condamnation, le verdict tombera en fin d'après-midi. Il devrait, dans les deux cas, être frappé d'appel.
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