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Dossier du 26/06/2009 à 14:32
Procès Cyktor : l'autopsie du corps n'apporte aucune preuve
Les experts sont venus témoigner à la barre de la cour. Ils n'ont pu qu'émettre des hypothèses sur la date du décès et sur les causes de celle-ci.

Découvert le 26 octobre 2006, près de quatre mois après avoir disparu, le corps de Jean-Luc Cyktor est porté à la médecine légale pour examen. « On a retrouvé le corps sur le ventre, partiellement immergé dans une flaque d'eau, explique l'expert lillois. C'était le corps d'un homme avec un état de putréfaction avancée. » D'emblée, l'examen semblait très difficile. La tête n'était plus reliée au tronc.

Mais l'autopsie a mis en avant qu'il n'y avait pas eu d'ecchymoses, ni de fractures. « La médecine légale n'apporte aucune certitude, pourquoi ? », s'interroge Sylvie Karras, la présidente. « On a effectué un examen complet des restes. La putréfaction a détruit la peau. On ne voit plus rien. C'est difficile de donner des conclusions. On ne peut qu'émettre des hypothèses. »

« Au 2 septembre 2006, il était déjà décédé et il se trouvait dans
le puisard ».

Aucun argument scientifique ne permet de confirmer s'il y a eu une bagarre entre Gérard et Jean-Luc (lire ci-contre). Car la présidente de la cour ne manque pas de relater les aveux formulés par Gérard, lors de sa garde à vue. Un coup de poing aurait été donné par Gérard sur le visage de son frère. « Il peut très bien avoir eu un coup de poing sans qu'il entraîne une ecchymose importante, indique l'expert. On n'a aucune preuve objective, mais c'est compatible.

Pas pour le ténor des cours d'assises, maître Eric Dupond-Moretti. « Je suis très surpris de ce que l'on peut arriver à faire avec rien. D'un point de vue médico-légal, on a zéro. » Autre point d'interrogation : la date du décès. L'examen des insectes, à différents stades d'évolution, retrouvés sur le corps.

L'expert affirme qu'au plus tard, « au 2 septembre 2006, il était déjà décédé et il se trouvait dans le puisard ». « A quel moment était-il dans le puisard ? » « On ne peut pas donner de date avec certitude ». Beaucoup de données entrent en compte dans l'évolution des insectes.

Par exemple, la température à l'intérieur du champ de comptage. Les relevés n'ont pas pu être effectués. Seule la station météo d'Epinoy a fourni des températures extérieures. Mais pas celles du puisard. Mais l'approximation n'a pas sa place devant une cour d'assises.
Les experts n'ont émis que des hypothèses. Du pain béni pour la défense.


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